dimanche 31 juillet 2016

Pourquoi Cenicienta / Cendrillon?

Et bien tout simplement parce que cette Cendrillon, c'est le rêve de nombreuses petites filles et que bizarrement ma vie dans beaucoup de ses aspects y ressemble. Attention quand je dis "y ressemble", ne vous attendez pas au happy end de Cendrillon! Y'a que dans les films qu'il y a des happy end, il paraît qu'on en a besoin pour garder le moral en sortant de la salle de projection!! On ne va tout de même pas payer pour se faire démolir tous nos espoirs! 
Revenons à nos moutons, dans la famille "Cendrillon", je prends Cendrillon, la belle-mère, les belles-sœurs, la citrouille, la marraine et le royaume. Là c'est déjà pas mal. et puis avec un peu d'imagination, ça devrait le faire! Plus sérieusement, le mot clé dans mon histoire c'est "transformation"! Le "Vilain petit canard", ça m'irait aussi, même si l'histoire repose sur l'apparence (je suis tout sauf "canon"), moi je garde le côté : "finir par se faire accepter par les autres". 
Je ne suis pas du tout issue d'un milieu pauvre, je dirais plutôt "modeste". Un papa menuisier de métier qui finit fonctionnaire (à la maintenance) et une maman aide-comptable qui finit cadre. Les fins de mois n'ont pas toujours été glorieuses mais on s'en sortait. Il est clair que ma mère (qui tenait les cordons du porte-monnaie) n'était pas du genre à nous pourrir-gâter, je finissais toujours par avoir le truc à la mode mais un ou deux ans après... Rien que ce petit détail explique qu'aujourd'hui, je ne puisse offrir que des cadeaux utiles à mon entourage (ça serait jeter de l'argent par les fenêtres), que je fuis la mode (je m'habille avec des fringues données ou achetées dans des magasins d'occasion ou avec minimum 70% de réduction)...
Il est clair que notre éducation et l'exemple de nos parents nous servent de "patron" pour démarrer notre propre vie; après c'est certainement une question de volonté pour créer nos propres règles. Et puis notre caractère plus ou moins fort fera le reste. Mais là tout est relatif... Lorsque j'avais 23 ans, le conjoint d'une cousine éloignée chez qui j'ai habité un mois (la dite cousine m'avait pistonnée pour bosser dans son agence) m'a dit en fin de séjour que je n'avais pas de personnalité. Je suppose que dans sa bouche "personnalité" rimait avec "grande gueule", "avoir un avis sur tout", "être capable de défendre son idée". Mais si justement j'ai joué la discrète pendant ce long mois chez eux (leur vie rimait avec "bosser, manger, dormir"), c'était pour éviter tout conflit, éviter toute prise de tête. La deuxième chose qu'il m'a dite c'est que je ne me lavais pas les mains systématiquement en sortant des toilettes. Un vrai observateur! Il m'avait déballé tout ça le dernier jour, j'étais restée scotchée sur ma chaise, incapable de sortir un mot. Je reconnais que ce monsieur est très original, je me souviens d'une belle engueulade entre lui et quelqu'un pour une histoire de camembert... Il soutenait l'idée qu'un camembert n'était bon que s'il était bien mûr, et ne tolérait pas la contestation, que ceux qui l'aimaient autrement n'y connaissaient rien et ne méritaient pas de manger du camembert... Il a fini par jeter sa serviette sur la table et partir. Voilà un bel exemple du phénomène. Mais le principal c'est qu'il rende ma cousine heureuse, après s'il a un sale caractère, tant pis. Il a tout de même une belle qualité cet homme, c'est qu'il cuisine super bien (d'ailleurs il ne le sait que trop!). 
Bref, presque 20 ans après, je me demande encore si j'ai ou non de la personnalité. Et qu'est-ce que c'est que la "personnalité"? Je vais certainement rester ras des pâquerettes car en philosophie je n'ai eu qu'une fois la moyenne en Terminale (un petit 10/20 le jour du bac, sinon, j'étais abonnée au 06/20). J'ai l'impression que l'on associe trop "personnalité" à "caractère". Je ne suis pas du genre à monter au créneau (les rares fois où je me suis prise le bec avec une autre personne qu'un membre de ma famille, j'ai fini à chaque fois avec les jambes en coton, l'envie de vomir et le cœur palpitant, bref, je perds tous mes moyens), et ça veut dire donc que je n'ai pas de personnalité? Avec la famille ou mes élèves, je perds moins mes moyens. Bizarrement, je n'arrive jamais à garder longtemps les distances avec les élèves, le cours magistral, ce n'est pas pour moi! J'ai pu tenir 7 ans en ZEP car justement j'avais rompu la glace, les gamins des cités n'ont pas la langue dans la poche et vous disent sans prendre de gants leurs sentiments. Aujourd'hui, je pourrais (du moins au lycée) rester froide et distante, mais non, je n'y arrive pas (j'admire les collègues qui arrivent à vouvoyer les élèves!!!). Mes élèves sont comme mes "frères" et "sœurs", on peut bien s'entendre et paf ! à un autre moment se prendre la tête, s'engueuler et puis ensuite faire la paix. Par contre, c'est presque mission impossible de me prendre la tête avec un collègue ou un/e inconnu/e. Je vais bouder dans mon coin, râler toute seule ou en compagnie mais pas question d'aller au conflit! Idem quand il s'agit de prendre la parole devant une assemblée, je perds tous mes moyens!! Bizarre!! Car devant 35 élèves, j'y arrive. 

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